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Journée du curling au Canada

autiste et curler

Geneviève Verreault

23 janvier 2022

Je vous raconte une belle histoire d’inclusion. Je suis une personne qui vit avec l’autisme. Je joue au curling depuis 18 ans et ça fait 13 ans, que je joue au club de curling de Trois-Rivières. Je me sens très bien intégrée, je me sens une curler comme les autres. Ça n’a pas toujours été facile. Il y a eu des moments d’angoisse, des larmes, du stress. Je me rappelle quand, je suis arrivée au Club de curling de Trois-Rivières, il y en avait qui me regardait de travers. Malheureusement la différence fait peur et ce n’était pas tous les curlers qui étaient à l’aise qu’une personne autiste joue au curling parmi eux. Je n’ai pas abandonné. Je me tenais avec les personnes qui m’acceptaient comme j’étais et pour ce que j’étais. Il y en avait plusieurs. Ces personnes m’ont soutenue, m’ont encouragée, mon écoutée quand j’avais besoin. Il y a eu des années où je n’avais pas d’équipe. Je me présentais quelques soirs par semaines au club de curling en espérant avoir des remplacements. J’en ai eu assez souvent, surtout à 20 h 30. Ce n’est pas tout le monde qui aime jouer à cette heure et les remplaçants étaient souvent plus difficiles à trouver pour la deuxième partie de la soirée. Les gens se sont rendus compte que autiste ne veut pas dire mauvaise joueuse de curling. En voyant que je ne n’abandonnais pas, les gens se sont intéressés à moi. Il y en a qui ont commencé à me parler. Ils ont découvert qu’il y a une personne humaine derrière la personne autiste. Je crois que la coutume qui veut que les deux équipes prennent une consommation ensembles après leur partie de curling a aidé à mon intégration. J’ai travaillé sur moi. Je suis un livre ouvert. Quand, je ressens une émotion, ça paraît. C’est très difficile pour moi de cacher une émotion. J’ai appris et j’apprends encore à contrôler mes émotions. Je sais que j’ai eu des réactions assez intenses mais elles ont beaucoup diminuées ces dernières années. Les curlers du club de Trois-Rivières ont aussi fait leur bout de chemin. Ils sont compris entre autre que c’est difficile de m’empêcher de sourire quand un adversaire rate une pierre, qu’il est difficile pour moi de pas paraître déçue quand un adversaire réussi une pierre qui leur fait marquer des points ou leur donne la victoire. Il y a aussi des taquins qui prennent plaisir à me voir réagir. Les membres du club de curling de Trois-Rivières ont accepté qu’une personne dont le cerveau fonctionnent différemment jouent au curling parmi eux. Je les en remercie. Les années passent et je me sens de plus en plus acceptée au club de curling de Trois-Rivières. Je me sens une membre à part entière du club de curling. L’année de curling presque perdue à cause de la Covid 19, n’a rien changé. J’ai trois équipes cet année et je m’amuse beaucoup. Au début du mois de septembre, j’ai vu une annonce sur la page Facebook du club de curling de Trois-Rivières dans laquelle un capitaine mentionnait être à la recherche d’un « lead » pour joindre son équipe dans une ligue amicale. Je lui ai écrit que j’étais intéressée à jouer dans son équipe. Quelques heures plus tard, j’ai reçu un message où l’on m’annonçait que je faisais partie de cette équipe. On m’a accepté dans l’équipe sans prendre le temps de voir s’il y aurait d’autres personnes intéressées. Ça signifie que l’on était intéressé à jouer avec moi, avec la personne que je suis. Ça m’a fait chaud au cœur, ça m’a beaucoup touchée. Le curling m’a permis d’améliorer mes relations avec les autres et m’a fait grandir comme personne. J’ai vécu de nombreux petits bonheurs au club de curling. Au fil des années, je me suis des amis qui sont très précieux pour moi et qui j’espère resteront dans ma vie quand nous ne verrons plus au curling. Bisous!